Nous avons passé deux jours sur le camping municipal de Sisteron. Cela a fait du bien, et j'ai pu refaire le point et travailler sur le trajet à venir.
Mais il est temps de repartir. Même Gamin, qui avait pourtant beaucoup apprécié le beau pré qui lui a été mis à disposition, commence à s'ennuyer. Demain nous allons reprendre la route.
Les prochains jours ne vont pas être faciles: Il y a départementales à suivre. Plus loin ce sera des kilomètres sans lieu habité - donc gare au manque de provisions.
Et puis des montagnes et encore des montagnes. Bref, je ne compte pas trop sur une connexion internet et il se peut très bien que le prochain signe de vie dans ce blog se fera un peu attendre.
Et voici le dernier dessin:
Ce coup-ci, JFK a une solution peu délicate en tête, pour résoudre le problème des grimpettes interminables.
mercredi 13 mai 2015
lundi 11 mai 2015
L'anniversaire de sang
Le 9 Mai était l'anniversaire du Meurtre d'Aldo Moro. Après 55 jours de séquestration, ce fut la fin dans le sang.
Cet anniversaire est toujours pénible, mais cette année, sur le chemin du pèlerinage, ce fut encore plus dur pour moi. Tout ce voyage lui étant dédié, la sensibilité est accrue. Je me sens triste et vulnérable.
Je traverse les "chemins du soleil" de la Haute Provence. Le chant des Grillons me renvoie l'écho de ma solitude, de la tristesse.
Dans la tente, je m'efforce de faire un dessin optimiste avec Aldo...Je voudrais le voir nous tendre la main. Mais il se refuse. Pas moyen de diriger les crayons en sorte de créer cette image. Alors je me laisse guider et voilà ce qui en résulte. Un Aldo toujours blessé.
Cest là tout e fardeau d'un pèlerinage individuel. Personne ne partage vos passions, vos chagrins. C'est un chemin solitaire.
Arès deux jours de marche sous un soleil ardent, nous voici arrivés à Sisteron. Le beau camping du pré Haut sera notre base pour deux ou trois jours de repos.
samedi 9 mai 2015
Pétage de câble ;-)
"Araignée le matin apporte le chagrin"
Normalement, je m'efforce de ne pas croire à cette règle. J'ai beaucoup d'araignées chez moi dans ma vieille maison et parmi elles, las mal se présentet le matin.
Si jamais le dicton disait vrai, je suis abonnée la malchance en série.
Mais cette grosse araignée qui se balladait sur le slip que j'allais enfiler - difficile de ne pas croire à une mauvaise augure.
Il était tôt dans la matinée sur le camping l'hirondelle prés de Menglon, où on avait passé la nuit.
je sortais la tête de la tente - et je réalise avec horreur : Gamin n'est plus là !
Sa longe git sans vie - et surtout sans âne au bout - dans l'herbe.
Je m'expulse de la tente comme ine fusée. Je cherche partout. Rien. Le camping est grand. j'inspecte la longe : le câble enfilé dans le tuyeau d'arrosage a craqué. 'Faut le faire !
Des hollandais qui campaient près de moi se proposent d'aider mes recherches en utilisant leur byciclettes. Et en effet : ils finissent par trouver Gamin au milieu d'un bosquet de pins, avec un air innocent.
Que d'émotions. C'est donc reparti. Mais voilà, le câble de la longe est cassé. Comment faire la nuit suivante ?
Dans un petit hameau, je passe par un atelier où bricole un monsieur apparament bien équipé en outillage et doué avec ça. Je m'arrête, je lui explique ce qui s'est passé et voilà qu'il répare mon câble avec beaucoup de gentillesse. Quel dépannage !
Je remercie le monsieur et continue la route. Celle ci nous mène sur un sentier qui dégénère vite en grimpette longue et fatiguante. a l'autre bout de la montagne, épuisés, nous découvrons un petit camping où nous nous installons. C'est le troisième, de camping. Le premier fut le camping municipal à Die, où nous avions passé un bel après-midi et nuit.
lundi 4 mai 2015
Le sentier des cailloux
“Derrière le Col de Rousset, le climat change. C’est plus sec, plus ensoleilé. C’est là que commence le midi” ,m’a -t’on dit.
Ce col serait donc un peu ce que le col du Gotthard est en Suisse.
Une barrière entre le nord et le sud, le portail vers un autre climat.
Une barrière entre le nord et le sud, le portail vers un autre climat.
Le matin venu, nous étions heureux de quitter notre camp froid et mouillé.
On quitte la station de ski
Gamin avait visiblement bonne humeur, surtout lorsque le soleil se pointa derrière les cimesdes montagnes. Il me suivit d’un pas léger.
Il nous fallut maintenant prendre le chemin qui mène au dessus du col, puisque passer par le tunnel de la route n’était pas une option. (d’ailleurs je me demande si ça aurait été légal.)
Il nous fallut maintenant prendre le chemin qui mène au dessus du col, puisque passer par le tunnel de la route n’était pas une option. (d’ailleurs je me demande si ça aurait été légal.)
Le chemin sillonnait des forêts et des prairies. Une vue magnifique s’offrait à nous, quand nous arrivions au sommet.
Mais aussitôt... le désenchantement. Le chemin descendait la pente raide, en étroits serpentins, côtoyant le vide absolu. Et voilà que revenait le vertige. Les jambes en guimauve, l’estomac qui tourne...
De plus, le sentier était caillouteux, plein de rebords et obstacles - un peu comme le satané GR de Bouvante - en plus haut, plus découvert et donc plus dangereux.
Que faire ? Retourner à Vassieux? Toute cette marche pour rien? Et puis après, où aller?
Il n’y avait pas d’autre solution. Il fallait le faire. Lentement, je m’avançais en tâtonnant. Je me donnais l’ordre de ne regarder que mes pieds et absolument rien d’autre.
Du coup, nous nous retrouvions sur un rebord rocheux, si raide et étroit que Gamin ne voulait plus s’y aventurer.
Je le déchargeais à moitié et c’est ainsi allégé qu’il accepta de descendre le gouffre.
100 mètres plus bas, je l’attachais à un arbre, pour ensuite remonter et chercher les bagages. Une opération répétée plusieurs fois.
Nous avancions 100 mètres par 100 mètres.
Un bon bout de fait de cette manière - et voilà que le fichu sentier dégénéra totalement:
Une vaste étendue de cailloux recouvrait la pente, comme une avalanche pétrifiée.
Dans cette mer de pierres se traçait, à peine visible, une espèce de piste.
J’avais de fortes doutes que Gamin accepterait d’y mettre les sabots.
D’abord, il lui faudrait marcher entièrement sur des cailloux pointus et en plus, le tout était fortement instable.
A mon étonnement, il avançait. Pas à pas.
Ça bougeait sous nos pieds, des cailloux tombaient, avec mille rebondissements, dans l’abîme.
Mais comment ais-je fait pour atterrir là, me suis-je demandée. Une situation dantesque, issue de mes pires cauchemars. La peur matérialisée d’une manière presque irréelle.
Nous arrivions enfin en bas de ce sentier d’horreur. Mais voilà: Il fallut maintenant remonter chercher les bagages.
Je bougeais les 4 sacs marins lourds en me tâtonnant le long du mur, les fesses côté abîme. L'enjeu était de trouver un endroit stable pour le pieds, puis faire venir les sacs. Un travail de centimètres.
Soudainement, tout bougeait, les pierres glissaient sous mes mains et mes pieds. Le coeur battait comme un tambour. Une prière rapide vers Aldo !
La mer caillouteuse se calma.
Venant d’en bas, j’entendis du chahut. Malgré ma consigne, je jetais un regard vers le bas : En dessous de moi, Il y avait une plateforme de vue, accessible par voiture. sur la quelle se Un groupe de gens me montrait du doigt, me prenaient en photo et s’amusaient.
La colère montait en moi : des Gentlemen seraient venus pour m’aider au lieu de faire l’andouille.
Mais un instant plus tard, je comprenais: Si ils ne montent pas, c’est parce que ils n’en sont pas capables.
Ils ont transporté leurs culs de feignasse en bagnole jusqu’à cette plateforme pour pouvoir prendre la vue majestueuse en photo, c’est tout.
Pas question d’effort physique. Et moi, je n’étais qu’une attraction de plus.
C’était là tout le symbole de ma vie : Emprunter des chemins que personne d’autre prend. Le regard méprisant des autres n’a rien de légitime, ce n’est pas moi qui suis inférieure, c’est eux qui ne sont pas à la hauteur (au sens propre du mot).
Je ne me suis pas ”égarée” sur cette pente. Je suis là, parce que je sais le faire. Et eux, non.
Je n’avais alors plus peur. C’était mon chemin, je pouvais le maîtriser.
Et j’arrivais en bas.
Lorsque je rechargeais Gamin, le groupe des “voyeurs” de la plateforme s’avança vers moi. “Je n’aime pas les ânes, ils sont moches”, disait l’un à voix basse.
Maintenant il nous fallait descendre la longue route en serpentines jusqu’à Chamaloc. Au chaque tournant, les arbres devenaient plus verts.
De plus, le sentier était caillouteux, plein de rebords et obstacles - un peu comme le satané GR de Bouvante - en plus haut, plus découvert et donc plus dangereux.
Que faire ? Retourner à Vassieux? Toute cette marche pour rien? Et puis après, où aller?
Il n’y avait pas d’autre solution. Il fallait le faire. Lentement, je m’avançais en tâtonnant. Je me donnais l’ordre de ne regarder que mes pieds et absolument rien d’autre.
Du coup, nous nous retrouvions sur un rebord rocheux, si raide et étroit que Gamin ne voulait plus s’y aventurer.
Je le déchargeais à moitié et c’est ainsi allégé qu’il accepta de descendre le gouffre.
100 mètres plus bas, je l’attachais à un arbre, pour ensuite remonter et chercher les bagages. Une opération répétée plusieurs fois.
Nous avancions 100 mètres par 100 mètres.
Un bon bout de fait de cette manière - et voilà que le fichu sentier dégénéra totalement:
Une vaste étendue de cailloux recouvrait la pente, comme une avalanche pétrifiée.
Dans cette mer de pierres se traçait, à peine visible, une espèce de piste.
J’avais de fortes doutes que Gamin accepterait d’y mettre les sabots.
D’abord, il lui faudrait marcher entièrement sur des cailloux pointus et en plus, le tout était fortement instable.
A mon étonnement, il avançait. Pas à pas.
Ça bougeait sous nos pieds, des cailloux tombaient, avec mille rebondissements, dans l’abîme.
Mais comment ais-je fait pour atterrir là, me suis-je demandée. Une situation dantesque, issue de mes pires cauchemars. La peur matérialisée d’une manière presque irréelle.
Nous arrivions enfin en bas de ce sentier d’horreur. Mais voilà: Il fallut maintenant remonter chercher les bagages.
Je bougeais les 4 sacs marins lourds en me tâtonnant le long du mur, les fesses côté abîme. L'enjeu était de trouver un endroit stable pour le pieds, puis faire venir les sacs. Un travail de centimètres.
Soudainement, tout bougeait, les pierres glissaient sous mes mains et mes pieds. Le coeur battait comme un tambour. Une prière rapide vers Aldo !
La mer caillouteuse se calma.
Venant d’en bas, j’entendis du chahut. Malgré ma consigne, je jetais un regard vers le bas : En dessous de moi, Il y avait une plateforme de vue, accessible par voiture. sur la quelle se Un groupe de gens me montrait du doigt, me prenaient en photo et s’amusaient.
La colère montait en moi : des Gentlemen seraient venus pour m’aider au lieu de faire l’andouille.
Mais un instant plus tard, je comprenais: Si ils ne montent pas, c’est parce que ils n’en sont pas capables.
Ils ont transporté leurs culs de feignasse en bagnole jusqu’à cette plateforme pour pouvoir prendre la vue majestueuse en photo, c’est tout.
Pas question d’effort physique. Et moi, je n’étais qu’une attraction de plus.
C’était là tout le symbole de ma vie : Emprunter des chemins que personne d’autre prend. Le regard méprisant des autres n’a rien de légitime, ce n’est pas moi qui suis inférieure, c’est eux qui ne sont pas à la hauteur (au sens propre du mot).
Je ne me suis pas ”égarée” sur cette pente. Je suis là, parce que je sais le faire. Et eux, non.
Je n’avais alors plus peur. C’était mon chemin, je pouvais le maîtriser.
Et j’arrivais en bas.
Lorsque je rechargeais Gamin, le groupe des “voyeurs” de la plateforme s’avança vers moi. “Je n’aime pas les ânes, ils sont moches”, disait l’un à voix basse.
Maintenant il nous fallait descendre la longue route en serpentines jusqu’à Chamaloc. Au chaque tournant, les arbres devenaient plus verts.
Les Pins e multipliaient et il y avait dans l’air cet incomparable esprit du midi.
Nous avions vraiment franchi “La barrière”.
Donc au final, je l’ai tout de même eue, l’experience “gotthardienne”.
Chamaloc est un village vraiment typique du midi. Un champ de lavande nous accueille l’arrivant.
Une famille nous accordait la permission de camper dans leur joli jardin.
Chamaloc est un village vraiment typique du midi. Un champ de lavande nous accueille l’arrivant.
Une famille nous accordait la permission de camper dans leur joli jardin.
Un regard en arrière vers le Vercors...
ô belle forteresse de rochers, sauvage et dangereuse. Les jours passées avec toi furent durs, très durs, mais tu as repoussé avec vigueur mes frontières intérieures, réveillant un potentiel en moi dont je ne savais pas qu’il existait. Tu m’a donné de la confiance en moi-même et beaucoup de force.
Ne te laisse jamais apprivoiser par les hommes.
Sur le sentier même je n’ai pas pu faire des photos, mais un peu plus loin, sur la route, j’ai pu prendre ce cliché du “lieu du drame”.
La flèche du haut indique le sentier, la flèche du bas la plateforme.
ô belle forteresse de rochers, sauvage et dangereuse. Les jours passées avec toi furent durs, très durs, mais tu as repoussé avec vigueur mes frontières intérieures, réveillant un potentiel en moi dont je ne savais pas qu’il existait. Tu m’a donné de la confiance en moi-même et beaucoup de force.
Ne te laisse jamais apprivoiser par les hommes.
Sur le sentier même je n’ai pas pu faire des photos, mais un peu plus loin, sur la route, j’ai pu prendre ce cliché du “lieu du drame”.
La flèche du haut indique le sentier, la flèche du bas la plateforme.
dimanche 3 mai 2015
Les dessins
Bien entendu, j'en fais, mais à un rhytme très lent...car dresser le camp, monter la tente, faire à manger, organiser les affaires - tout ça prend énormément de temps. Les dessins finis ne sont donc pas "actuels" mais plutôt une rétrospective d'evenements passés, il y a au moins quelques jours.
Comme celu-ci : gamin et moi sur une route grand traffic. Les monstres du 21 siècle encerclent les pèlerins du 19eme.
vendredi 1 mai 2015
La pluie
Aujour'hui, j'ai droit à la grosse pluie interminable tant redoutée - à juste titre - par les randonneurs.
Gamin avance mal, il se laisse traîner et tirer. Au bout d'un moment, nous voici comme des éponges trempées à ras.
Arrivée au col de Rousset, j'espère y trouver un refuge, un gîte, ou quoi que ce soit. Mais que dalle! C'est une station de ski et comme la saison est finie, les gros bâtiments moches forment un hameau fantôme.
Gamin avance mal, il se laisse traîner et tirer. Au bout d'un moment, nous voici comme des éponges trempées à ras.
Arrivée au col de Rousset, j'espère y trouver un refuge, un gîte, ou quoi que ce soit. Mais que dalle! C'est une station de ski et comme la saison est finie, les gros bâtiments moches forment un hameau fantôme.
Et en bonus: la route vers Chamalot mène à travers un grand tunnel de presque 2 kilomètres. Impossible avec l'âne. ( même pas tout seule)
Un homme en voiture à qui je voudrais demander le chemin prend la fuite. Je parviens finalement à reperer un autre homme qui m'accorde la permission de planter ma tente près d'un chalet pour y passer le reste du jour et de la nuit. Il m'explique aussi comment trouver un chemin pour contourner le tunnel.
Je sors la tente sous la pluie battante. Elle est encore mouillée par la givre de la nuit de gel à Lentes. Heureusement, à l'intérieur ça va, c'est un peu humide, mais je parviens à sècher avec du papier Q.
J'ai du mal à sortir de mes habits mouillés. Eux, ne sècheront pas. Demain, je vais devour rentrer dans les pantalons ihibiés de flotte.
Mais bon, il y a la 3G, je me fais in café sur le rechaud, alors prenons les choses avec Philosophie.
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