***Gros retard dans la mise à jour de ce blog. Principalment dû au manque de réseau internet suffisant. Actuellement je me trouve dans le Latium, mes faits racontés ci-bas datent de déjà bien des jours.***
Dès 2 kilomètres, environ, Gamin se mit à traîner et à boîter. Je vérifiais son pansement. Il allait bien - mais sur le sabot de l’antérieur opposé...une grosse tâche de sang! Et ce coup ci, il était clair qu’il ne s’agissait pas d’une éclaboussure venant de l’autre côté. Ce sang, il sortait du sabot, plus précisément de sous le fer.
Imaginez l’horreur de cette découverte, alors qu’on venait juste de quitter la vétérinaire, croyant que tout était ok, que tout allait bien.
Je me félicitais encore une fois d’avoir pris soin de nous trouver un abri au préalable. Au moins, il nous fallait pas chercher un coin de bivouac sous la chaleur. Encore 1 kilomètre et nous serions en sécurité. Il fallait donc tenir jusqu’à là.
Il est difficile de dire à un âne au pied baigné de sang qu’il doit “tenir”. Gamin traînait, faisant des pas bancals, écartés, la tête basse, les yeux plein de souffrance. Cela me brisait le coeur. Les derniers 500 mètres furent un calvaire.
Enfin, nous arrivions à l’Agriturismo. Cristina, la gérante, nous accueilla souriante. Je crois que je n’ai presque pas dit bonjour, je l’ai toute de suite assaillie avec des cris : “Appelez un vétérinaire!” et “Appelez un maréchal ferrant!”
Cristina a immédiatement réagi et s’est mise à téléphoner. Pendant ce temps, je débâtais Gamin et on l’amèna dans l’écurie. A l’abri de la chaleur.
Ni les vétérinaires, ni les maréchaux ferrants pullulent dans la région. Il est donc très difficile d’avoir ces intervenants sur place, dans un délai utile.
Cristina avait réussi à faire venir un ancien vétérinaire en pension qui au moins, avait été spécialisé sur les grosses bêtes de ferme.
Il contrôla les pieds de Gamin. La blessure qu’avait soigné la véto de San Quirico lui parut superficielle, il attesta un bon pansement et me disait que ce souci là allait s’arranger très vite.
Quand au sabot de l’autre côté, il était formel: il faut enlever le fer, pour voir ce qu’il y a en dessous. Un abcès? Ou alors un clou mal plaçé...
Cela peut surprendre. En effet, si le ferrage effectué au manège de Pietrasanta avait été mal fait, Gamin aurait dû boiter dès le début. Mais ce n’est que depuis une petite semaine que j’ai constaté les premières tâches de sang sur ce sabot.
Le maréchal ferrant venait le lendemain. Il retira le fer et constata qu’il s’agissait bel et bien d’un clou “dans le vif”. Sans doute, ce ne fut que “limite” comme quoi Gamin a pu faire pas mal de kilomètres avant que le clou mal placé se plia et commença a faire ravage dans le sabot.
Le clou d’horreur fut enelvé sans remplacement et en collaboration avec le vétérinaire, on me prépara des sereinges d’antibiotiques à administrer à l’âne pendant cinq jours consécutifs. Et bien entendu: 4 Jours de repos strict.
Heureusement, l’Agriturismo me fit un excellent prix “spécial de soutien” et le véto renonça carrément à son honoraire. Le reste fut atténue par des dons de divers amis. Donc au moins, de ce côté là, plus de soucis.
Gamin reprit très vite des forces. Ls jours de repos ainsi que les soins lui firent du bien.
Vint le moment du départ. Gamin avança bien les deux jours suivants. Mais au troisième jour... il y avait du nouveau du sang sur son sabot.
Je crois que ce fut la première fois que je commençais à avoir des doutes si vraiment, on ira au bout de ce pèlerinage. Je ne peux pas aller dans les Pouilles avec un âne qui saigne du sabot.
Heureusement, un kilomètre plus loin : un Agriturismo. Il était plein, pas de chambre, pas de place pour la tente non plus - mais on y téléphona à un centre équestre plus loin qui eux, vinrent nous chercher avec un van!
Malgré cette gentilesse, cette aide rapide, j’avais le moral à zéro. Giulio, le chef du centre équestre, fit tout pour me reconforter. “Tu es ici à une très bonne place. On connaît les équidés et nous avons un excellent maréchal ferrant, un maître dans son métier. Il ferre les chevaux de course à Sienne.”
Le maréchal ferrant prenait beaucoup de temps et de soin pour examiner Gamin. Il retira les deux fers de devant, les ajusta un peu mais me disait : “Votre âne n’a pas de problème de fer. Il n’y a pas inflammation, pas de blessure. Le sang provient de la blessure superficielle du pied opposé. C’est le pansement qui a dû glisser et alors le sang s’est remis à couler et à éclabousser vers l’autre côté.
Il n’y avait rien à faire. Je devais faire confiance à ce verdict. Le maréchal ferrant lui aussi renonça à son honoraire et me souhaita bon voyage.
Jes jours suivants, Gamin ne saigna plus - sauf si le pansement de l’autre pied était endommagé. Je pense donc avoir finalement cerné le problème.
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jeudi 27 août 2015
jeudi 13 août 2015
La ruée vers la Toscane, PART 2
Les Villas éparses sur les vastes collines de la Toscane sont belles à voir, mais ce sont majoritairement des forteresses hostiles.
Très souvent, elles ne sont pas habitées par des Italiens, mais par des étrangers à gros sou, venus d’un peu partout et qui ne souhaitent aucun contact avec les autochtones - encore moins avec une pèlerine franco-allemande et son équipage asino-spirituel.
En Ligurie, on pouvait être à peu près sûrs d’être “sauvés”, dès qu'apparurent les premières maisons après une grosse étape de montagne sauvage.
Ici, dans dans les collines du désert herbeux, on n’hésitera pas à vous envoyer “d’aller voir plus loin”, fusse-t-il midi, sous 40 degré de chaleur, tout en sachant bien que les prochaines habitations sont à plusieurs kilomètres.
Des forêts sont de plus en plus rares.
Trois jeunes français dans une villa étaient au mois prêts de nous donner un peu d’eau. Ils ont fait des exercices de gymnastique impressionnants afin de pouvoir passer les bouteilles par-dessus du portail d’acier, sans avoir à ouvrir ce dernier.
Je l’ai déjà dit : A force “d’aller voir plus loin”, nous avons fini par faire, chaque jour, beaucoup plus de kilomètres que prévu. Bon, au moins comme ça, on avance, me suis-je dit. Mais à quel prix ?
Les "Azienda agricole con vendita diretta" sont par contre de
très bonnes adresses: Ouvert au public, on vous trouvera toujours un petit coin.
Le nuage de taons qui avait attaqué Gamin sur l’Alta Via pendant plusieurs jours, le torturant jusqu’au sang, avait laissé des blessures très moches sur ses talons et autour de ses sabots.
Sous l’effort et la chaleur, les mouches ajoutaient leur présence abjecte à la souffrance. Les blessures s‘agravaient sans cesse. Je soignais les plaies avec de la bétadine et des pansements improvisés. Mais la plus grosse plaie sur l’antérieur droit se remit à saigner, dès que nous étions en marche.
En plus de cette plaie, je remarquais un peu de sang sur le sabot de l’autre antérieur, celui de gauche. Comme il n’y avait pas de plaie visible, je pensais qu’il s’agissait du sang du pied opposé qui aurait été projeté en marche sur le sabot.
"Via A. Moro" Je pense que le "A." c'est pour "Aldo".
Nous nous approchions de San Quirico quand la blessure de l’antérieur droit se remit à saigner avec tant de force que je décidais qu’il état temps de consulter un vétérinaire. Je ne me voyais plus en mesure de gérer ça toute seule. Je demandais à la première passante si il y avait un véto dans la ville.
Oui! Quelle chance!
Mais en voyage comme à la maison, ce genre d’urgence arrive toujours un dimanche. Le cabinet était évidement fermé. Il fallait donc passer la nuit à San Quirico.
A San Quirico, il y a un refuge d’étape pour les pèlerins qui cheminent sur la Via Francigena. J’avais déjà passé deux nuits dans celui de l’étape précédente, à Ponte d’Arbia, où on m’ avait permis de planter la tente. Le refuge de Ponte d’Arbia est un centre culturel très accueillant et chaleureux.
Dans le bureau d'une ferme abandonnée...
Cela ne va pas de soi :
Nombre de ces gîtes officiels requirent “la Credenziale” - une sorte de passeport pour Pèlerins - dans le quel sont collectionnés les tampons des étapes.
Nombre de ces gîtes officiels requirent “la Credenziale” - une sorte de passeport pour Pèlerins - dans le quel sont collectionnés les tampons des étapes.
C’est la preuve qu’on est un “vrai” pèlerin et pas un randonneur lambda sans scrupules qui abuserait de ce service.
“Elle a fait 1500 Kilomètres pour notre Aldo Moro avec son âne, vous appelez ça un abus ? ” s’était indigné un gentil Monsieur qui avait été témoin du refus de la part du gîte situé à Monterrigioni. Refus qui nous contraignait à faire encore 5 Kilomètres sous la canicule, avant de trouver refuge chez des particuliers.
Ledits particuliers sont les propriétaires de BIPPO, un chaton que je prendrai avec moi sur la voie du retour. Le voici en train de piller mes réserves de thon.
Eh bien à San Quirico, pèleriner sans document officiel et pour Aldo Moro, est également considéré comme étant un abus.
Petite parenthèse :
Je me demande si les “autorités religieuses” savent combien de pèlerins porteurs de la credenziale sont en vérité des athées convaincus. Personnellement, j’en connais plus d’un. Rien à dire contre eux, c’est juste pour cerner la définition d’ “abus” dans ce contexte.
Je me demande si les “autorités religieuses” savent combien de pèlerins porteurs de la credenziale sont en vérité des athées convaincus. Personnellement, j’en connais plus d’un. Rien à dire contre eux, c’est juste pour cerner la définition d’ “abus” dans ce contexte.
Comme souvent, c’est l’apparence extérieure qui compte et pas la vérité intérieure. Aldo et moi, avons tous les deux, chacun de notre côté, beaucoup expérience en la matière. On a donc appris à prendre les choses avec philosophie.
L'Orcia
Deux agents de la Polizia Provinciale apparurent et ce fut une occasion à ne pas rater. La police nous a toujours aidé. Je me précipitais vers eux pour exposer mon problème. Ils finirent par me conduire sur un espace de loisir et m’accordaient la permission exceptionnelle d’y planter la tente, pour une nuit.
Plus tard, l’épouse d’un des policiers est venue me voir pour demander si j’avais besoin de quelque chose. Je lui faisais alors part de mon dilemme : Il faudrait que j’aille faire des courses mais j’hésite à laisser l’âne et les bagages sans surveillance.
La solution fut vite trouvée ! Madame faisait venir sa mère pour monter la garde près de mes effectifs et pendant ce temps, elle m’emenait au supermarché en voiture.
Encore un grand coup de gentillesse !
Encore un grand coup de gentillesse !
Le lendemain, je rebâtais Gamin et on se mettait en place devant le cabinet vétérinaire pour être les premiers lors l’ouverture à 10:00 heures.
Gamin attend devant le véto
La vétérinaire était à l’heure. Elle désinfecta la plaie, fit un pansement et me donna une crème ainsi que des pansements en réserve.
Nous étions donc prêts à repartir. Mais voilà - il était déjà 10h30 et normalement, c’est vers 11h00 que je cherche notre quartier, afin d’échapper au pic de la canicule.
C’est pour ça que à la veille, j’avais tout mis en oeuvre pour nous trouver un abri sûr et proche de San Quirico: Un Agritourismo à 3 kilomètres de la ville. D’abord, je leur avais écrit un mail et puis, faute de réponse, demandé à Paola, l’amie qui m’avait hébergé à San Lorenzo, de leur téléphoner.
Grace à l’aide de Paola, je savais donc où aller. Même sous la chaleur, trois kilomètres sont faisables, surtout si on a un but. Une petite promenade facile donc.
Une erreur...
mardi 11 août 2015
Ruée vers la Toscane, Part 1
Federica ne nous avait pas laissé partir sans s’assurer que nous aurons un quartier pour les deux prochaines nuits: Un chez une de ses amies et l’autre, plus loin, dans le centre équestre Ippomare.
Ce dernier quand à lui, téléphonait à un autre manège situé à Pietrasanta qui nous accueilla à son tour. Une grande écurie avec plus de vingt chevaux et des Bovins énormes.
Plus grand qu'un grand cheval!
Marino, le propriétaire de cette écurie, me faisait remarquer que selon lui, les sabots de Gamin étaient pas mal usés.
Ferrer ou non les équidés est un sujet très controversé dans le monde équestre. En général, on dit que les ânes n’ont pas besoin d’être ferrés, car la corne de leur sabots est plus dure que chez les chevaux. De plus, un âne avec des fers aura beaucoup plus de mal à “tenir” sur la roche et les pentes caillouteuses de la montagne. Il était donc tout à fait normal pour moi de partir avec Gamin pieds nus.
Mais après 3 mois de marche intense - avec beaucoup de goudron, il faut l’admettre - il fallait reviser la stratégie. Je consentais donc à faire venir le maréchal ferrant.
A ma connaissance, Gamin n’avait jamais été ferré auparavant. Je me doutais bien que cela n’allait pas être facile. Le maréchal ferrant ayant été par surcroît plutôt rustique dans la manière à traiter ses clients quadrupèdes, Gamin a passé une mauvaise heure. Et bien plus que ça, comme il allait s’avérer plus tard...
Après les premiers pas bancals et hésitants, l’âne retrouvait son équilibre et j’avais l’impression qu’il avançait même mieux avec ses godasses en ferraille.
En quittant Pietrasanta
Et c’est ainsi que nous nous enfoncions dans la Toscane. J’avais hâte de pénétrer dans un territoire moins montagneux, plus vaste.
Les liguriens, adeptes de l’auto-critique, n’avaient pas cessé de me prédire ô combien le voyage sera plus facile en Toscane avec des gens “plus ouverts”, et “plus accueillants”.
Au début, le paysage était plutôt une “Ligurie light” avec toujours des grimpettes méchantes.
Le charme toscan
Mais à fur et à mesure, le paysage s’ouvrit et en effet, l’avancée devint plus aisée. De nouvelles belles rencontres se faisiaent, comme chez cette famille qui avait fait apel à un journaliste pour qu’il crée l’article que vous avez vu dans l'avant-dernier post.
Et toujours: Le grand émoi quand je parle d’Aldo Moro et du but de mon pèlerinage.
Étrange différence de perspective: Alors que pour moi, il est évident que le souvenir d’Aldo est bien plus présent en Italie qu’ailleurs, les italiens ont pour la grande majorité la sensation qu’il est oublié chez eux. D’où la reconnaissance et la gratitude envers mon projet.
Cet oubli, “c’est l’indifférence” disent ils, mais aussi :” C’est un oubli forcé, volontiers.”. Plusieurs personnes m’ont raconté indépendamment que des enseignants refuseraient de traiter le sujet à l’école avec les paroles : “On ne parle pas d’Aldo Moro”.
Autre fait étonnant: Aldo est tout aussi apprécié par les personnes politiquement de gauche que celles du centre-conservateur. C’est avant tout l’être humain dont on se souvient. La politique, c’est trop loin dans le passé.
Cependant, évoquer ses anciens “amis” du parti “DC” comme Andreotti ou Cossiga, permet d’apprendre un tas de nouveaux gros mots et autres titres de noblesse italiens ;-)
Vers la Toscane
Les grands espaces de la Toscane sont peu peuplés. Beaucoup de fermes vides et abandonnées, ou alors les villas closes télésurvéillés. Comme quoi chaque jour, nous avions du parcourir beaucoup plus de kilomètres que prévu pour trouver le lieu de bivouac.
Vint s’ajouter la canicule meurtière, surtout dans les zones de “desert”. Ce sont des kilomètres et des kilomètres de collines avec rien d’autre que l’herbe rase et seche, du sable et des cailloux. Pas d’ombre, pas d’eau. Rien.
Un avant-goût de la Basilacate avec ses zones de desert franches.
20 à 25 kilomètres par jour - nous avons traversé la Toscane comme si on avait avalé un TGV. Un tour de force sans jour de repos, toujours en course contre le soleil, contre la montre.
Une vitesse de croisière d’enfer que nous devrions bientôt payer cher...
"Il deserto Italiano"
dimanche 2 août 2015
Photo de Famillie
A l'attention de Didier et Pierre ;-)
Cet article récent montre une famille qui m'a accueille il y a quelques jours. Ce sont aussi eux qui ont apellé le journaliste pour qu'il fasse cet article. Ce fut une rencontre particulièrement belle, j'e parlerai plus tard.
Cet article récent montre une famille qui m'a accueille il y a quelques jours. Ce sont aussi eux qui ont apellé le journaliste pour qu'il fasse cet article. Ce fut une rencontre particulièrement belle, j'e parlerai plus tard.
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