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mardi 1 décembre 2015

Les anges de Maglie

A l'heure qu'il est, je me trouve à Merlino, près de Milan. Je suis chez un ami et j'attends que soit "livré" Gamin de Maglie. Quand il sera là, ce même ami vas nous ramener tous les deux à Harsault.

En effet, lors de mon séjour à Maglie, Gamin fut logé dans une écurie de course au trot au nom de Tenuta Sant'Elia, appartenant à Luciano et Salvatore de Luca. Une superbe propriété à 4 Km de Maglie où Gamin trouva bons soins et bon repos après son exploit.

Maglie est donc loin à présent; Mais les souvenirs sont encore tout présents dans mon cœur.


Le Campanile de la Chiesa Madre

De la Via Lubelli, où j'habitais dans un petit appartement du B&B "Book and Bed".
Eh oui ! "Livre et lit"  Parce que l'être n'a pas seulement besoin de "breakfirst" mais aussi de la nourriture pour l'esprit. On trouve donc un choix de livres dans chaque chambre de l'établissement, qui en outre, séduit par sa noblesse élégante. Antonio Leucci, le propriétaire du Book and Bed,  m' y a hébergé à titre gratuit tout au long de mon séjour  à Maglie. Un cadeau généreux et merveilleux.

La Via Lubelli se trouve au bout de la grande place centrale, la Piazza Aldo Moro. Cette place était anciennement appelée "Piazza Francesca Capece". Un monument en son honneur se trouve encore sur les lieux. Francesca Capece avait offert ses biens à la ville de Maglie, entre autre l'édifice qui devint le Lycée Francesca Capece.

Quand la place fut renommé en faveur d'Aldo Moro (après la mort de celui-ci) cette décision n'avait pas fait l'unanimité des Magliens. Il fut avancé que Francesca Capece avait fait beaucoup plus pour la ville. D'autres retenaient que, pour une fois, qu'on honorait une femme,  il ne fallait pas sacrifier celle-ci au profit du'un enième homme, juste parce que celui-ci était né dans la ville et avait eu une fin tragique.

Des arguments valides, certes.  Néanmoins, je me sentais bien évidement très bien de vivre aussi intensément près d'une place Aldo Moro. En même temps, mon admiration pour cette femme forte et courageuse que fut Francesca Capece, n'est pas moindre.



Monument de Francesca Capece, la Bienfaitrice de la ville de Maglie, la mère de sa tradition scolastique.

Le cœur vivant et battant de la Piazza Aldo Moro est le Caffè della Libertà (Le caffé de la liberté) d'Elio.
Elio avait sponsorisé les affiches qui annonçaient mon arrivée et il m'accordait "carte blanche" pour toute consommation chez lui, durant mon séjour. Je pouvais avoir n'importe quoi, n'importe quand - toujours à titre gratuit.

A chaque fois, Elio me salua avec un sourire, comme j' étais la meilleure chose qui lui est arrivé en ce jour. Ce sourire était un cadeau encore plus grand que tous les cappuccino et les brioches que j'ai eu le plaisir de déguster.


L’accueil du caffè de la Libertà, vue de la galerie au premier étage, où chaque matin, je prenais mon petit déjeuner. Derrière le le comptoir ; Elio. Le dessin encadré à gauche de la tête d'Elio est un cadeau de ma ma plume.

Le Caffè de la Libertà était  la base de rencontre journalière, surtout avec Gianni Bucci, grand et cher ami, amabassadeur de Maglie qui chaque jour entreprenait avec moi des tours, des visites et organisait des rencontres. Presque tous les jours il m’emmenait chez lui et sa femme Anna Rita pour le déjeuner.  Jamais je ne perdrais l'écharpe douillette qu'Anna Rita m'a offerte pour affronter le froid hivernal à Milan.

Autre grande adresse de cœur : Le musée de Maglie et sa directrice Medica Assunta Orlando. Avec sa bibliothèque attachée. Assunta qui très tôt, longtemps avant mon arrivée physique à Maglie s'était enthousiasmée pour mon voyage me recevait avec une grande amitié. Tout comme Gianni, elle m'assistait dans la recherche active d'un éditeur italien pour le livre du voyage.

Et puis, il y a Lina Monte, une jeune guide touristique qui m'avait hébergée une nuit chez elle et qui était la seule et unique personne qui avait partagé un jour de pèlerinage avec moi, en m'accompagnant sur l'étape jusqu'à Collemeto. Lina  était aussi venue avec nous à la visite de Lecce, magnifique ville capitale de la province du même nom, où elle me faisiat pofiter de son savoir.



Une fenêtre à Lecce. Il faut oser...

Si j'avais un souci d’ordinateur ou devais faire un scan, rendez vous dans une petite ruelle, non loin de la Via Lubelli. S'y trouve le magasin informatique de Mario Piccino. Mario, actif bénévole à la protection civile, avait été de service lors de mon arrivée à Maglie. Et maintenant, je pouvais venir dans son magasin, profiter de la WIFI, si la clé 3G faisait la grève.

Toujours à mon écoute aussi la police locale ! plusieurs fois j'allais m'entretenir avec eux et ils me montraient personnellement les bonnes adresses indispensables pour moi ... comme la prochaine papeterie !

Et jamais je n'oublierai la garde d'honneur lors du "grand moment".


Gardiens d'un des instants les plus importants de ma vie.


A la fin de mon séjour à Maglie, Alessandra Ferramosca, auteur du Blog "my cool kitchen" spécialiste des saveurs du Salento et guide touristique elle aussi, m'avait accompagné sur le marché pour pouvoir m'y procurer ce dont j'avais besoin pour recréer ce plat mythique aimé par Aldo Moro et qu'elle avait cuisiné pour ma ceremonie d'accueil.

Et c'est ainsi que se terminaient ces jours de rêve. Denrier grand cadeau: La commune m’offrait le voyage de Maglie à l'aéroport de Brindisi en voiture de la Police.

Le grand pèlerinage Aldo Moro avait été couronnée par un séjour de luxe dans la ville natale d'Aldo, choyée et chouchoutée par les Magliens, dont je n'ai cité dans ce blog que quelques uns. Je rattraperai les "oublis" plus tard.
Et de toute façon, l'aventure maglienne n'est pas finie!

Car Le maire de Maglie, Ernesto Toma, a officiellement proposé je jumelage de sa ville avec Harsault. Une aventure presque plus "folle" que celui du pèlerinage.

Et ce Blog ? Je vais bien entendu raconter le retour à Harsault et y publier les nouvelles concernant le livre à venir...





vendredi 2 octobre 2015

Le bourg entre les cerfs

Après maintenant plus de 5 mois de marche, j’ai en moi un épuisement tellement fondamental que l’avancée est devenue nettement plus dure qu’au début du pèlerinage. Les nuits dans la tente sont plus rudes, le froid consomme beaucoup de forces.

Quand nous arrivions à Pescasseroli, j’étais ravie de trouver un camping non loin de la ville.
Oui, ils avaient la place et oui, ils acceptaient l’âne. Que demander de plus?
Mais j’étais tellement fatiguée que je ne me voyais plus du tout faire l’effort de planter la tente, gonfler le matelas et toutes les corvées qui vont avec. Alors je demandais: “Et si je prends un chalet? Ça coûterait quoi?”  

40 Euros. C’est plus qu’une nuit à l’hôtel Lo scoaittolo à Castellafiume où j’avais logé quelques jours auparavant. Mais je n’en pouvais plus. Alors adjugé !  Gamin lui, pouvait aller sur le pré du paysan voisin qui l’accueilla avec joie : “La nuit, on va le rentrer dans un box, avec du bon foin et des granulés. Il y sera à l’abri des prédateurs”.


Gamin, au coeur des Abruzzes

Bref,  nuit de luxe pour nous deux. Le lendemain matin, je bâtais Gamin et me prépara à règler mon séjour. “Non” disait la gérante. “On ne va pas te faire payer”.

Ce superbe chalet, gratuit? Je n’en revenais pas.

Eh si! Et mieux encore : “Ta prochaine étape est Viletta Barrea? J’y habite. Tu peux venir camper dans mon jardin”. En voilà une proposition. Je quittais donc Pescasseroli avec la bonne certitude de ne pas avoir à chercher le gîte du soir.
A l’entrée de Viletta, un panneau indiqua “Ville entre les cerfs, ralentissez!” Comment ça, une “ville entre les cerfs”? Un gag publicitaire typique des Abruzzes, où on est tout de même très fier d’héberger une faune vigoureuse, me suis-je dit.

Passage de cerfs. Ralentissez !

Je me rendais au bar où on m’avait dit d’y aller. Après quelques périples et petits malentendus, la gérante du camping me faisait savoir qu’elle avait trouvé “un poste encore bien mieux.”  En effet: Je pouvais aller loger dans le musée des transhumances. Gamin aura la possibilité de paître sur le pré qui s’étend à l’arrière de l’édifice. Donc encore une nuit en abri “dur”, avec repos immédiat, sans travaux de montage de tente.

Après m’être installée dans les lieux, je me rendis à nouveau au bar, histoire de boire quelquechose et de dire rebonjour aux gens qui avaient été si accueillants. Le crépuscule arrivait. Sur le chemin, mon regard fut attirée vers un espace vert...il y avait un énorme cerf. Un cerf, comme ça, en plein milieu du patelin!


Je regardais plus loin - un autre! Vite, retour au musée, prendre la caméra ! Je ressortais et voilà...il y en avait partout. Un immense cerf venait direct vers moi sur la rue, bifurquait dans la grande rue, où un gros camion s’approchait. Le camion ne ralentissait guère, le cerf prit la fuite - mais juste pour éviter la collision. Après, il continuait à se balader parmi les gens, entre les maisons.


Le cerf et le camion

Eh oui, ils sont descendus de la montagne il y a quelques années et depuis, il vivent avec nous. Comme ça.” me raconta la gérante du camping.

“La ville entre les cerfs”  - non, ce n’est pas un gag. C’est une autre merveille de ce pays qui ne cesse de surpendre.

lundi 31 août 2015

La tombe d'Aldo Moro



Vue de l'Ariturismo, le soir de l'arrivée.

Lors de mon arrivée à Torrita Tiberina samedi après-midi, il n’était pas question d’entrer sur le cimetière. On ne va pas rencontrer un vieux monsieur distingué quand on est habillée comme un épouvantail, pleine de poussière et de sueur, les cheveux crasseux.

En cours de route, je m’étais acheté une robe pour cette occasion. Elle a voyagé dans mes bagages sur Gamin, en attendant le grand jour.

Dimanche matin, ce grand moment était donc venu. Le petit sentier qui mène de l’agriturismo au cimetière est très court.

Sur le cimetière, les tombes du genre catacombe dominent. Courant pour les méridionaux, mais inhabituels pour nous autres Européens du continent central.



Le cimetière de Torrita Tiberina.
Des escaliers mobiles sont à disposition pour accéder aux tombes des rangées supérieures.

Je n’avais pas à chercher...Je suivais mon intuition. A gauche, puis vers le bas...une file de tombaux-cryptes. Tous aussi somptueux et brillants les uns que les autres...des Mini-Villas pour les défunts.


L'entrée d'une banque ? Non. Un tombeau familial


Autre tombeau. La chambre funèbre somptueuse n'a rien à envier à une véritable chapelle.

Je sais que ça ne peut pas.... alors je vais plus loin et, là, à l’angle ;  la dernière crypte, elle est différente. Même très différente... Et si c’est?...



Tout au fond, la dernière crypte...

Oui, c’est lui. Je me trouve face au tombeau d’Aldo Moro. 
Après 1800 kilomètres de montagnes, vallées, plaines, de la pluie et la chaleur torride - me voici devant la tombe d’Aldo Moro.


La petite plaque avec la photo sur l'autel rappelle qu'Eleonora Moro est également enterrée ici.

Je connaissais déjà l'apparence de la sépulture, ayant vu de photos et on m’avait prévenu à la veille que la tombe “est bien modeste et simple” -  mais là, ça me bouche un coin.

Dans la chambre funèbre, un sarcophage blanc avec le nom. Pas de croix, même pas les dates de vie. Au pied du sarcophage, une petite pierre peinte avec des tournesols et une  plaque renversée. Dessus, un ange en céramique. C’est tout. Le lierre pénètre par la fenêtre derrière dans la pièce.

C’est pourtant un ancien homme d’état qui repose ici !
Un homme qui lors de son règne s’est retrouvé dans l’éteau de la guerre froide. Il a côtoyé soviétiques et américains et il a tenté de défendre les intérêts de son peuple face aux calculs stratégiques des grandes puissances.
C’est de l’histoire, de la grande histoire  !



La petite pierre peinte avec des tournesol...Elle vaut tous les ornements en or du monde.

Mais Aldo Moro ne fait pas partie de la communauté des propriétaires de mausolées monumentales et autres ayants-droits au panthéon. Il est vraiment devenu ce “roi oublié qui dort dans la forêt enchantée des ronces.
Je mets mon dessin au pas du portail de la crypte. Il avait été réalisé à Harsault et je l’ai transporté 1800 kilomètres jusqu’ici.  Un autre petit objet sans valeur matérielle, mais rempli d’amour vient s’ajouter à la modestie du sanctuaire.



Je m’assis auprès de la tombe. Je cherche “la paix” qui y régnerait. Mais je ne la trouve pas.

Le sarcophage est un cri de douleur pétrifié.

La simplicité de la tombe est une accusation. Un défi. Son message :  Ce n’est pas un “personnage historique” qui repose ici, et pas un “symbole politique”. Non, c’est être humain. Un être qui voulait vivre, qui voulait rentrer chez lui.
Les premières larmes me montent aux yeux. Je revois ses lettres écrites lors de sa séquestration, je ressens la douleur, l’angoisse et l’émotion.
Et la réponse à toutes ces lettres, sa lutte pour la vie :  Un sarcophage.

Je n’en peux plus. Je pleure. Un “les hommes sont des ordures” m'échappe.

Je suis profondément désespérée :  je peux écrire,  dessiner, je peux venir à pied jusqu’ici, mais je ne peux pas retourner dans le temps pour aller l’aider. C’est pourtant ce que je voudrais faire, plus que tout autre chose.

Et alors vint la vision, la transe, le rêve éveille.



Je reste encore un peu, jusqu’à ce que je sens Aldo me dire : “Viens, on rentre”.

Ici, il y a des gens qui ont connu Aldo, qui furent même des amis très, très proches. On me parle de lui. Avec beaucoup de tendresse, mais aussi, avec beaucoup de douleur. Aldo a toujours écouté les autres, me dit-on. Pendant des heures, Il restait attentif, cherchait à comprendre.Et il n’a pas toujours tout compris, comme il l’avouait souvent, mais il n'a jamais cessé d’écouter.

L’image que j’avais de lui se trouve confirmé par les souvenirs de ceux qui l’ont connu. Ces récits ainsi que la tombe -  si différente des autres - me montrent que je n’ai pas suivi les traces d’une pure projection personnelle. Cet Aldo que j’ai ressenti, il existe bien.

C’est beau, c’est même inestimable, mais en même temps, c’est son drame qui lui aussi, devient encore plus réel.

Je revois l’image de son corps dans le coffre de la voiture ; amaigri, le visage à moitié découvert où est gravé tout son épuisement, sa solitude, sa souffrance. Cette image est insupportablement cruelle. Il y a toute la tristesse du monde dans ces yeux éteints.

Il a écouté les autres, mais lui n’a pas été écouté. On l’a tout simplement laissé crever misérablement.

Dans un monde où une telle bestialité est possible, il ne faut pas s’étonner qu’il y a des guerres, de l'oppression, des attentats et des massacres.
En 1978 comme aujourd’hui, nous vivons dans un monde qui célèbre la violence et la haine.

C'est très bien qu'Aldo soit caché ici, au bout du monde dans sa tombe discrète, protégé par les Torritiens, qui veillent avec respect et amour sur lui.


samedi 29 août 2015

Gradoli

Après la traversée de la montagne Amiata, le paysage changea visiblement: Plus vert, plus boisé, une végétation presque centre-Européenne. Fini les collines vides de la Toscane. Le Latium n’était plus très loin. Et en effet, après avoir passé une nuit chez le centre équestre Belvedere près de Sorano, nous traversâmes la frontière entre la Toscane et le Latium - en route pour Gradoli!


Le Belvedere. Superbe club équestre accueillant. L'esprit cavalier toujours aussi vivant.

Gradoli est la première cité au programme du voyage, ayant un rapport propre avec Aldo Moro. Donc un lieu à ne pas rater.
Gradoli, C’est une histoire oubliée. - même les Italiens ne la connaissent souvent pas.

Come toujours dans le drame d’Aldo, les choses ne sont pas très claires : Mais apparament, Romano Prodi, qui plus tard deviendra président de la Commission Européenne, se serait rendu à une...enfin, une séance spiritiste.
Ceci dans l’espoir de trouver ainsi le lieu de captivité de Moro. Au cours de cette séance: Le nom de GRADOLI est évoqué.



A l'approche de Gradoli, le lac de Bolsena s'étend au loin.

Prodi suggèra alors de chercher dans une Via Gradoli à Rome. Mais Francessco Cossiga, le ministre de l’intérieur, prétendit qu’aucune rue de ce nom n’existe dans la capitale. Un mensonge pur et simple.
“Mais il y a ce village nomé Gradoli”, disait-il. “Alors dans le souci de tout essayer, on va aller chercher là-bas”
Gradoli le village, a donc eu droit à une Razzia en ces jours de printemps de l’an 1978. Le patelin fut passé au peigne fin. Bien entendu, aucune trace d’Aldo ne fut trouvée.

Et pendant ce temps, à Rome, à la Via Gradoli, s’y trouve l’appartement de Mario Moretti, chef des Brigades Rouges, qui plus tard, sera l’assassin d’Aldo.

Incompétence infinie ou alors une manouevre louche pour détourner l’attention publique ? Beaucoup d’indices parlent en faveur de la dernière version.



Le lac de Bolsena au crépuscule. Un instant de magie.

Donc Gradoli, la petite bourgade au nom si joli qui surplombe le lac de Bolsena... Gradoli, nous voici!
La route vers Gradoli mène à travers des forêts de chênes, châtaignes et des figuiers. Un paysage étrangement familier et exotique à la fois. Je me sens légère, enchantée. Mêùe Gamin est toujours en pleine forme, alors qu’on a tout de même fait 20 bornes.

Nous traversons Gradoli pour descendre au lac de Bolsena, où e trouve un camping. Le Camping La Grata. Je l’avais réservé une année à l’avance, parce que tout comme Torrita Tiberina et Maglie, Gradoli est un lieu où je ne voudrais passer un séjour sans avoir à chercher un refuge.


Le coeur de Gradoli, avec le Palazzo

A notre arrivée, les autres campeurs se précipitaient sur nous, nous applaudissant et en nos souhaitant la bienvenue. Apparament, Giulia la gérante, les avait avertis au préalable de notre venue.
Quelle convivialité, quelle joie! Et un lieu absolument superbe!

Le lendemain, Giulia m’emenait à Gradoli pour que je puisse y faire des courses, mais aussi pour me montrer la ville. Elle a une mère autrichienne, est donc parfaitement bilingue allemand-italien, et bien entendu, elle est née à Gradoli.

Dans le magasin où je fouille les cartes postales, deux dames se souviennt bien du temps de la “visite d’état” à Gradoli. “Ils ont fouillé moin terrain, ils étaient partout”. Mes raconntent elles. Giulia leur explique le pourquoi de mon voyage. Elles sont si émues qu’elles m’offrent les cartes postales que j’ai choisies.



Les ruelles de Gradoli

Je suis absolument décidée de revenir à Gradoli et le Camping LaGrata, rien que pour passer des vacances “normales”.

mercredi 18 mars 2015

Sache où regarder entre les déchets et les fleurs...

Comme j'avais encore des lacunes quand à l'orientation, je me suis décidée de m'entraîner surtout à l'utilisation du GPS sur le terrain et à l'apprentissage de la lecture des cartes.
Pour cela je me crée un tracé sur ordinateur en empruntant des chemins inconnus, tracé que je parcours ensuite pour de vrai, en m'appuyant sur le GPS. Ainsi hier, dans les alentours de Maupotel, j'ai fait une balade de 15 bornes, l'équivalent d'une étape journalière.

Le parcours cheminaient sur des sentiers types des Vosges ; boueux, bourrés de branches et d'arbres écrasés en travers avec balisage zéro ou cryptique.


Très vite, je ne savais plus du tout où je me trouvais. Mais tant qu'il y avait de la synchro entre la ligne rose et de la ligne bleue sur le GPS, j'étais tranquille.
Une belle balade au cœur des forêts qui vibrent sous les soleil du printemps naissant.

Une découverte du mauvais genre fut cependant ce tas de débris de voiture :


Admettez que c'est écœurant. Est-ce vraiment plus difficile d'amener sa vieille bagnole à la casse que de la balancer en pièces détachées dans la nature? les déchets en forêt sont malheureusement un phénomène courant dans la région. Et de plus en plus, dirais-je. On pourrait presque penser que plus il y a une infrastructure de déchetteries modernes et accessibles, plus il y a des gens qui se sont donnés le mot pour ne pas l'utiliser.
Mais comme évoque la Chanson de Cohen, il faut savoir regarder entre les déchets et les fleurs.
Sur un petit sentier, au plus profond de la forêt, mon regard fut attiré sur le sol. Un bois de chevreuil solitaire se trouvait entre la mousse et les feuilles mortes! 





J'étais ahurie, enchantée. j'ai toujours rêvé d'en trouver un, un jour...je me baisse, je le prends et mon regard tombe sur deux autres!






Donc trois d'un coup. J'ai souvent vécu une situation pareille en rêve. Et voilà que ce qui était fabuleux et irréel jusqu'à là, est devenu réalité. La magie - la vraie -  m'a embrassée en force et en silence. Mais pourquoi trois? Ah, Mais je sais. Un pour JFK, un pour Aldo et un pour moi. Le message est fort et clair. L'harmonie entre nous et la nature s'est établie. Les portes et les chemins se dont ouverts.

J'ai pris les trésors trouvés et suis rentrée béate. Sans me perdre en route.