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jeudi 16 avril 2015

La générale

Aujourd'hui fut la répétition générale. J'en ai marre des tours d'entraînement, mais celui-ci était évidemment très important, puisque ce fut ma première sortie avec Gamin.
Au début, il avait très peur de mes sacoches qu'il ne connaissait pas encore. Nous avons réussi à lui faire comprendre, qu'elles ne sont pas méchantes.

Ensuite, décollage ! Gamin a bien suivi et a franchi tous les obstacles. Une très belle ballade dans la montage autour de Roiffieux. Le vent soufflait parfois très fort et  emportait mon chapeau plus d'ine fois. Évidement, je me suis aussi plantée une fois, malgré le GPS. J'ai du louper un tournant.

Mais quels merveilleux paysages !


Donc demain, c'est le jour du départ définitif. 



mercredi 18 mars 2015

Sache où regarder entre les déchets et les fleurs...

Comme j'avais encore des lacunes quand à l'orientation, je me suis décidée de m'entraîner surtout à l'utilisation du GPS sur le terrain et à l'apprentissage de la lecture des cartes.
Pour cela je me crée un tracé sur ordinateur en empruntant des chemins inconnus, tracé que je parcours ensuite pour de vrai, en m'appuyant sur le GPS. Ainsi hier, dans les alentours de Maupotel, j'ai fait une balade de 15 bornes, l'équivalent d'une étape journalière.

Le parcours cheminaient sur des sentiers types des Vosges ; boueux, bourrés de branches et d'arbres écrasés en travers avec balisage zéro ou cryptique.


Très vite, je ne savais plus du tout où je me trouvais. Mais tant qu'il y avait de la synchro entre la ligne rose et de la ligne bleue sur le GPS, j'étais tranquille.
Une belle balade au cœur des forêts qui vibrent sous les soleil du printemps naissant.

Une découverte du mauvais genre fut cependant ce tas de débris de voiture :


Admettez que c'est écœurant. Est-ce vraiment plus difficile d'amener sa vieille bagnole à la casse que de la balancer en pièces détachées dans la nature? les déchets en forêt sont malheureusement un phénomène courant dans la région. Et de plus en plus, dirais-je. On pourrait presque penser que plus il y a une infrastructure de déchetteries modernes et accessibles, plus il y a des gens qui se sont donnés le mot pour ne pas l'utiliser.
Mais comme évoque la Chanson de Cohen, il faut savoir regarder entre les déchets et les fleurs.
Sur un petit sentier, au plus profond de la forêt, mon regard fut attiré sur le sol. Un bois de chevreuil solitaire se trouvait entre la mousse et les feuilles mortes! 





J'étais ahurie, enchantée. j'ai toujours rêvé d'en trouver un, un jour...je me baisse, je le prends et mon regard tombe sur deux autres!






Donc trois d'un coup. J'ai souvent vécu une situation pareille en rêve. Et voilà que ce qui était fabuleux et irréel jusqu'à là, est devenu réalité. La magie - la vraie -  m'a embrassée en force et en silence. Mais pourquoi trois? Ah, Mais je sais. Un pour JFK, un pour Aldo et un pour moi. Le message est fort et clair. L'harmonie entre nous et la nature s'est établie. Les portes et les chemins se dont ouverts.

J'ai pris les trésors trouvés et suis rentrée béate. Sans me perdre en route. 




mardi 10 mars 2015

Redémarrage à (presque) zéro


Voilà des mois que je e suis entraînée avec Heidi. Nous avons fait bien des progrès et gagné beaucoup d’expérience. Mais son état s’est altéré, des côtes de plus en plus voyantes, des remarques, de la part du véto, du maréchal ferrant...J’ai augmenté la ration, sans succès. Et avec la dégradation physique, s’ajoutait une dégradation mentale. Heidi est devenue de plus en plus peureuse.

Deux mois avant le départ, il fallut donc se poser la question en toute honnêteté : Est ce que je peux emmener Heidi avec moi au pèlerinage ou est-ce trop risqué?
Si déjà la nourriture qu’elle reçoit à la maison ne suffit pas, comment fera-t-on en cours de route? Dans le désert de Basilicate? Comment va-t-elle réagir aux traversées de grosses axes, des passages à niveau, des grandes zones industrielles?

La réponse est aussi accablante que claire: Elle ne le fera pas.

Et du coup, je me suis retrouvé au point de départ, au ground zéro. Le projet est mort - à moins de trouver un autre animal.

Ca c’est passé très rapidement. 
Un annonce : «Super âne de randonnée - a fait St Jacques de Compostelle».

Et voilà que, une semaine plus tard à peine, je me suis retrouvée en Ardèche en train de me balader avec un gentil bourricot du nom de Gamin, accompagnée par ses propriétaires.

Le couple sont des randonneurs expérimentés et j’ai passé deux jours merveilleux à jouir de leur hospitalité, de leurs conseils, leur savoir et de l’intérêt qu’ils portent à mon projet. Un tout nouveau monde s’est ouvert à moi. Le projet a redémarré en force.  Et maintenant c’est parti pour de bon!


J’ai donc acheté Gamin. Mais il n’est pas question de dépenser mes toutes dernières ressources pour faire transporter le brave bourricot des Rhône-Alpes jusqu’en Lorraine. 
Seule solution: Je change l’itinéraire. Le point de départ ne sera pas ma maison, mais celle de Gamin, en Ardèche. 

Cela signifie que toute la partie Suisse du trajet est supprimée. Je vais entrer en Italie en passant par le Vercors puis redescendre sur les Alpes Maritimes. C’est seulement au sud de Gênes qu’on reprendra l’ancienne route, telle qu’elle fut prévue au départ.
Je m’étais réjouie de passer par la Suisse. 
Mais il ne faut pas oublier que cette étape n'est  pas «le» pèlerinage. Le pèlerinage,  c’est Aldo Moro, Torrita Tiberina et Maglie. Et cet itinéraire là, restera intact.

Aldo..Je lui ai promis de faire ce pèlerinage, coûte que coûte. 
Eh bien, mon cher, tu vois : j’ai déjà dépensé une fortune et le plus dur restera à faire. Mais je n’abandonne pas.  
Je vais donc descendre en Ardèche le 15 Avril en train. Le 16 sera le jour pour une ballade de test avec le chargement final, derniers préparatifs. Et le 17, ce sera le grand départ.
Le compte à rebours à commencé.




samedi 31 janvier 2015

Boue et neige

Voilà ce qui arrive quand on renonce à consulter son GPS à un carrefour dans la forêt. J'étais portant sûre de bien me rappeler de la carte. Que c'était tout droit et non vers la gauche. D'autant plus que le chemin tout droit était balisé. 
Après deux cent mètres assez convenables, les arbres couchées en travers se sont multipliés. Tant pis, un beau terrain d'entraînement aux pentes raides pour Heidi et moi. 

Les troncs devenaient de plus en plus nombreux, les bois de plus en plus dense et le sol de plus en plus merdouilleux et mouillé. Et avec tout ça, un vent glacial et de la neige.
Finalement, au bout d'une glissade vers le bas, nous voilà fourrées dans un marécage. Heidi est enfoncée dans la boue  qui lui va presque jusqu'au ventre. Elle se débat, moi aussi. Ce n'est pas la panique mais la décision de faire demi-tour, une fois sorties.

Encore un tour qui m'aura appris plein de choses. 
Vous me demandez pourquoi je n'ai pas jeté un coup d’œil sur le GPS? 
C'est parce que j'avais  pas envie de sortir mes lunettes de mon sac à dos.  Une fois de plus la leçon pourtant bien connue: "Tu paies toujours cher la flemmardise" m'a été donnée.

Pour la route, il va falloir que je trouve une combine pour avoir les lunettes toujours prêtes.

lundi 26 janvier 2015

Les selfies dessinés

Quand j'étais enfant en vacances, je créais des "carnets de voyage" illustrés. J'y racontais nos aventures, c'est à dire les miennes et celles de mes personnages qui, bien évidement, étaient toujours à mes côtés.
En fait, les dessins montraient juste eux, car je n'avais pas trop envie de me dessiner moi-même.

Aujourd'hui encore, ça me donne un sentiment bizarre de créer des autoportraits. Il y a pourtant beaucoup d'artistes et illustrateurs qui le font et qui sont ainsi  devenus eux-mêmes des personnages de BD, en quelque sorte.

Sur le pèlerinage, il va falloir que je me m'y mette à mon tour. Certes, je dessinerai surtout Aldo et JFK - après tout, c'est pour Aldo qu'on pèlerine ;)
 Il faudra pourtant bien documenter ma participation à ce périple d'une manière ou d'une autre. Et comme la photo risque d'être dure sans personne pour prendre les clichées et que mes bras ne sont pas assez longs pour faire des selfies vraiment bien, je n'ai pas d'autre choix que d'avoir recours au "selfie dessiné."


Sachez qu'Aldo et moi, on a toujours froid. Et avec le temps actuel, la neige et le vent, les préparatifs sont sous l'impression totale du froid et de l'impératif de ne rien oublier en matière d'anti-gel...
Pourtant, on peut espérer que fin Avril sera déjà un peu le printemps. OUiiiii, mais, sait-on jamais.

J'ai horreur du froid, vraiment.

mardi 20 janvier 2015

Le retour de la chaleur et du froid

Lentement, le feu interne revient. Il fait pourtant froid dehors et la neige est tombée. Mais avec chaque petit rayon du soleil, je crois voir Aldo du coin de l’œil. Il me sourit, me donne courage..

Heidi est agitée par le froid, elle se défoule dans son parc et avance d'un bon pas lors de nos sorties d'entraînement. La sellerie m'a fait savoir que mon bât sera prêt vers la fin de la semaine prochaine. Une fois qu'il sera là, on pourra alors vraiment commencer à s'entraîner "pour de vrai".

A part le côté physique, il y a le côté artistique que je redémarre également. La nouvelle technique des crayons aquarelle est de plus en plus facile pour moi.


Savoir bien charger son cheval est un art. Au début, je voulais emporter plein bricoles plus ou moins superflus. A présent je m’exerce dans la modestie.


Heidi dans la neige poudre

mardi 13 janvier 2015

Surmonter le noir

2015 a fait une entrée terrible. D'abord,  un incendie dans le village et puis...
 "7/01"
Les ondes du choc sont toujours sensibles. Une lourde et pesante paralysie enveloppe tout le pays.

Je suis moi aussi sous  l'emprise du traumatisme. Je fais depuis longtemps régulièrement des coups de déprime mais en général, je parviens à me ressaisir. Cette fois-ci j'ai un mal énorme à redémarrer. Il me semble inconcevable de continuer alors qu'eux, ne continueront pas.

Pour la toute première fois depuis ma décision de faire le pèlerinage, j'ai perdu ma motivation. L'Italie et Aldo Moro me semblent bien loins.
Ces rêves colorés et délirants de montagnes majestueuses, de plages claires, de cigales et d'étoiles - tout ça s'est évanoui pour devenir qu'une lointaine illusion.

La sortie avec le cheval aujourd'hui  était plus un devoir qu'autre chose.
Il faut bien faire bouger l'animal.
En chemin je m'énerve sur les erreurs commises par la jument. Et une fois de plus, elle s'emporte avec un violent bond en avant, soudain et sans raison apparente. Je parviens à la retenir, éviter qu'elle ne s'emballe pour de vrai. Mais je suis agacée et  je lui crie dessus.

Arrivée au carrefour du ruisseau des Cailloux, je vois que le cours d'eau est en crue. La fonte des neiges l'a transformé en rivière agitée, débordante sur les rives, noyant par bouts le chemin côtoyant. Un sapin abattu par la tempête gît en travers et n'arrange pas les choses.

Je sais que plus tard,  sur le voyage, il y en aura encore des situations comme celle là. Pire même !
Et voilà que ça me démotive encore plus.
Non ! aucune envie de descendre là, juste pour aller me casser la figure.  Je n'ai plus qu'une seule impulsion ; faire demi-tour, renter la jument au parc et puis me caler sur le canapé.




C'est un moment crucial. Si je rentre, je ne retournerai pas demain pour voir si le chemin est dégagé.  Je le sais : si je fais demi-tour maintenant, ce sera pour de bon.
Adieu, Aldo !

Dénouer avec l'âme aimée me semble encore plus inconcevable que tout autre chose. Mais c'est ça ou alors faire un effort et aller me balader dans la merde.
Je descends la pente raide, tapotant dans la gadoue. La jument me suit, trop vite d'abord, je la freine. Et on arrive en bas.  Nous contournons l'arbre couché en remontant dans la forêt, pour ensuite redescendre vers la rive. Heidi me suit et franchit les crevasses et les pierres glissantes. L'obstacle est  derrière nous.

 La lumière danse sur les vagues du ruisseau et semble transporter un bonjour des lointaines Pouilles.