samedi 30 mai 2015

Ce pays est à toi...


Plus nous nous approchions de la côte d’azur, plus nous nous baladions dans des villages  qui s'enchaînent les un les autres.

C’est un royaume de belles villas, dissimulées derrières des murs et des portails électroniques.
Aucun espace public, aussi petit soit-il. Le voyageur est contraint de rester strictement sur la route, ce qui rappelle un peu la traversée du camp militaire Canjures.  Et comme là bas, il y a partout des pancartes “dissuasives” ; “Voisins vigilants” ...”Attention chien méchant”...”chien encore plus méchant...” ..”Propriété privé, défense d’entrer, accès interdit”....
Des autocollants publicitaires sur les boîtes à lettres vantent fièrement les entreprises de sécurité qui ont fourni le matériel.



La meilleure était un panneau qui menaçait : “Terrain piégé”.
‘faut le faire.

Le fameux veset de la chanson “this land is your land” de Woody Guthrie me vient en tête :

As I went walking I saw a sign there
And on the sign it said "No Trespassing."
But on the other side it didn't say nothing,
That side was made for you and me.

A la longue, ces demeures hyper-sécurisées m’aparaissent de plus en plus comme des prisons.
Des prisons de haut gamme certes, mais tout de même des prisons. Les gens se claquemurent eux-mêmes, faisant de leur peur leur geôlier.

Bon, ne soyons pas injustes. Je sais bien que le monde est peuplé de malfrats qui sont attirés par la “richesse” de ces quartiers.Et qui sait - je ferais sans doute pareil, si ma maison se trouvait ici et non dans les Vosges.

Aldo Moro lui aussi ne vivait pas dans une cabanne ouverte pour tous, mais dans une maison très sécurisée et avec des gardes du corps.
Et comme nous le savons, ses craintes ne furent pas injustifiées.








vendredi 29 mai 2015

Les Groupies de Gamin

Après une nuit passé entre les oliviers du jardin d'un gentil couple departiculiers à Belluny, nous arrivions à Tanneron - un autre "village perché" entre ciel et terre.
Il était temps pour notre jour de repos, tant mérité surtout par Gamin.

Il y a un "camping à la ferme" à Tanneron. Ce n'est toutefois pas une vraie ferme au sens agricole, mais plutôt une propriété dont on a aménage le terrain pointu en terrasses sur les quels on peut installer sa tente.

une fois ce travail fait, je me rendis sur la place pour voir si je pouvais manger au restaurant. J'en avais vraiment envie. Mais il était trop tard, on ne servait plus. L'autre restaurant sur la place affichait quand à lui, le prix de 39 Euros pour le menu du jour. Décidément trop pour moi.

Je repris le chemin pour regagner le camping, décidée d'attaquer ma réserve de soupes déshydratées.

Ce fut comme un coup de poing!
Une abeille en kamikaze contre mon œil. Collision, piqûre !
J'ai failli tomber.
Je suis allergique aux piqûres d'abeilles. Je le sais depuis 30 ans, quand je m'étais fait piquer dans le bras.

A la douleur brûlante dans l’œil qui se gonflait comme un matelas de camping, s'ajoutait la panique.

Heureusement que mon médecin traitant m'avait donné des médicaments de premiers secours pour un cas comme celui-ci.
Après la prise de deux comprimés, la douleur s'apaisait et il était vite clair que je n’allais pas faire de choc anaphylactique. La seringue adrénaline que j’ai également avec moi ‘a pas du être appliquée.


Malgré l’oeil toujours douloureux, Le soir je pouvais faire quelques photos très belles du crépuscule dans la montagne.









Au petit matin, nous avions de la visite! Deux ânesses s’étaient échappées de je ne sais où et venaient encercler Gamin en faisant du bruit et du dégât. J’essayais de les chasser, même l’aide d’un coup de tuyau d’arrosage, mais en vain.

Je m’empressais de charger Gamin pour partir. J’éspèrais que les ânesses n’allaient pas nous suivre.

Eh ben, fi !
Elles nous suivirent. Tout au long de la route !
En plus elles faisaient nullement attention au trafic. Derrière moi ça klaxonnait et ça gueulait.

Evidemment, tout le monde pensait que ces bêtes étaient les miennes. Les regards indignés me punissaient pour laisser “mes” ânes ainsi en trotter en liberté.
Enfin, une voiture s’arrêtait et la conduiseuse me faisait savoir qu’elle connaissait le propriétaire. Elle le préviendrait comme quoi les ânesses qu'il cherchait partout, avaient été  trouvées.
On convenait que j’allais l’attendre en bas, au carrefour.

Arrivée en bas, un ouvrier communal tentait de son côté d'appeler la mairie avec con portable. Mais il n’arrivait pas à la joindre.



Heureusement, le propriétaire de ces deux garces ne tardait pas à arriver.
Il les emmenait et Gamin et moi pouvions poursuivre notre chemin sans les groupies.

Bon anniversaire, JFK

Le mois de mai est bourré de jours fériés, sur le plan "officiel" tout comme sur le plan personel :

l’assassinat d'Aldo Moro le 9, on l'a eu - et aujourd'hui,  nous  célébrons cet événement plus heureux qui est ceuli  la naissance de JFK le 29.

L'anniversaire du président des présidents, ça se fête ! Dans la tente, sans chanter en négligé transparant, Mais de tout coeur.



lundi 25 mai 2015

Art d' en route : Irrigation


La scène retenue dans ce dessin as'est passée en route vers Sisteron. Sur les grands champs et vergers, des stations d'irrigation automatique assurent le bon rendement de l'agriculture provencale. Gamin a horreur de l'eau. J'avaus réussi à le convaincre que ces jets d'eau géants ne visaient que les champs et pas lui. Mais voilà...ces trucs diaboliques tournent.

dimanche 24 mai 2015

Bargemon


Google ne m’avait pas révenu, certains habitants oui - mais j ne les avais as trop écoutés : Alors me voilà en entrain de longer, Gamin à la longe, une déprtementale qui se lézarde à travers un immense terrain militaire.
Tous les 100 mètres, des pancartes des deux côtés de la route interdisent formellement de mettre ne serait-ce qu’un pied à côté de la voie goudronnée.

Je fais seulement une photo. Une. Une des pancartes - et ça  juste de loin. 

Je n’oserais pas faire plus de clichés. Nous vivons en des temps très sensibles et c’est exactement pour des trucs comme ça qu’on finit par se faire tirer un drone dans le derrière - par Barrack Obama en personne. 

Le camp militaire qui apparaît après des kilomètres impressionne par sa taille et son ambiance    Obscure. La réponse française à l’infameuse l’area 51?  J’ai une pensée pour mon petit Qwertz : Il a eu de la chance d’avoir crashé sa soucoupe volante dans les Vosges, où on l’a aidé. Ici, il se serait faire autopsier à vif dans une de ces sinistres bâtisses.

Heureusement que je sors du terrain avant de devenir complètement parano. 



Bargemon est un des ces villages nichés dans le flanc de la montagne à un point qu’il n’y a pas de terrain plat assez grand pour accuillir une tente, aussi petite qu’elle soit. Sans parler de l’âne. Bref, pas la peine de frapper aux portes de ces jolies maisons.

 Je m‘adresse à la gendarmerie pour leur demander s il y a un camping municipal. 
Non, il y en a pas, mais les représentants de l’ordre téléphonent à un de leurs collègues qui lui accèpte de nous héberger, Gamin et moi, sur son terrain. Je suis ravie !

Mais la demeure en question se trouve à 4 bornes du village, en direction de Seillans. Donc ultime effort à faire. C’est l’heure du pic de la chaleur et l’avancé est très pénible. Nous sommes fatigués tous les deux. Gamin traîne et trébuche souvent. J’ai peur qu’il perd ses chaussurs et vérifie souvent, si il les a toujours bien aux sabots.

Finalement nous atteignons notre but. La maîtresse de la maison nous montre une roulotte stationnée en bas sur leur terrain et me donne la permission d’y passer la nuit. Donc du coup, pas besoin de monter la tente. 

En revanche, douche, éléctricté et vrai lit. Quel luxe !



Les deux jours suivants sont marqués par des départementales, le camping aux portes de Fayence et puis le bivouac dans un jardin d'olivier privé à Belluny






jeudi 21 mai 2015

Rencontres



Après avoir quitté l'enchastre où nous avions passée la nuit, nous arrivions à La Palude sur Verdon. 


Les petits commerces pithoresques visent visiblement les touristes qui, en cette saison de l'année, commencent déjà à remplir les ruelles.
Deux Italiens me demandaient la permission de nous prendre en photo, Gamin et moi. 

Ce fut l'occasion de tester mon italien. Bien dntendu, je mis souvent longtemps a rechercher les mots pourtant appris, mais je parvenais à communiquer avec ces deux gentils signori qui me prenaient également en photo avec ma camera à moi.




L'un deux finit même par me donner un petit don sous forme d'un billet, à faire échanger contre des provisions. Si ces deux hommes sont une augure pour mon séjour en Italie, eh bien ce sera du bonheur!

Je passais la nuit sur le camping-à-la ferme. Gamin y rencontra une ânesse blanche et flirtait avec elle toute la nuit.


La récéption fut inoccupée lors de mon arrivée et l'était toujours à mon départ, comme quoi je suis partie sans payer. 

Oui - que voulez vous que je fasse? Il n'y avait pas de numéro de téléphone affiché non plus. Donc chers propriétaires,  si jamais vous lisez ça, sachez que je suis volontiers prête à vous faire un chèque. Il suffit de me contacter.


Peu après nous nous avancions vers les gorges du Verdon. J'ai souvent entendu parler de ce canyon. Mais que dire: j'aprécie bien entendu la beauté du site, mais mon expérience personelle  fut plutôt un peu pénible, car au vertige s'ajoutait une angoisse causée par ces hautes falaises à gauche et à droite. Des falaises qui semblaient vouloir vous engloutir. 
Le nom de "gorges du Verdon" est bien choisi.


Comme quoi, j'étais plutôt heureuse de sortir de ce piège. "Been there, done it, that's it."

Ayant eu soif et faim, j'étais bien contente d'arriver à Trigance. Un coca, quelque chose de frais! Le village lui aussi était peuplé de touristes qui, évidement, braquauent leur regard sur Gamin. J'essayais de m'esquiver des tentatives de prises de contact, attachais l'âne et me rendais à l'épicerie pour m'acheter ine cannette et une barre de chocolat.

Une fois ressortie du magasin,  je vois que Gamin est assiégé par au moins une dizaine de personnes. J'essaye de faire semblant de ne pas les voir et je prends place sur le petit banc auquel Gamin est attaché. Les gens resserent le cercle autour de nous. C'est coincant. je m'eforce de les ignorer en consultant mon GPS.

 Mais le cercle se referme de plus en plus et alors je pète les plomps : "je suis une attraction ou quoi?" 

Mon ton hostile les déconcerte. "Ben oui" me répond-on. Certains formulent les questions habituels comme quoi si je venais de loin et où je voulais aller. Ma réponse consiste en un regard sulfureux et finalement, - enfin! - la foule se tire.

Oui, je sais bien que ce n'était pas méchant. Je sais aussi que, si je me serais montrée aborable, il en aurait resulté une parlotte sympa. Peut être même une rencontre. Mais en ce moment précis, je n'étais pas capable de répondre aux attentes. Tout ce que je voulais, c'était une petite pause pour moi toute seule, avec la cannette de coca et la barre de chocolat, sans être sollicitée par personne.

Bref, Trigance ne m'avait pas plu et je me posais la question, pourquoi auparavant, le lieu avait eu une connotation si positive dans mon esprit. J'allais l'apprendre.



De nouveau sur la route, je commence à guêter les maisons succeptibles de nous offrir le fameux carré d'herbe pour la nuit.
Après un certain temps, cette pancarte apparût :

 







Une exposition? De l'art? Cet endroit ne pouvait être que le bon!

Et que dire...Deux heures plus tard, me voici dans la maison, avec l'artiste-sculpteur Christel Schlierkamp parlant de tout et de rien et en train de créer son blog. C'était comme si on se connaissait depuis longtemps, une amitié de longue date. 

Christel crée de magnifiques sculptures, des figurinnes féminins plein d'émotion: dansantes, lisantes ( sa série des "liseuses" a été crée pour la fête du livre.) et plein de vie. Au chaque regard, elles vous dévoilent un nouveau secret, vous donnent une autre inspiration. 

Me voilà l'invitée d'une artiste de grand talent dont la philosophie et la manière de voir les choses sont une forte inspiration pour moi. Sa maison, son superbe atelier et sa salle d'exposition forment un royaume riche et magnifique dont Christel est la reine. 
Et moi, la reine-bohèmienne en voyage, j'ai eu le priviliège d'avoir été accueillie à sa cour.

Ce matin là, le départ fut difficile. Ô combien aurais-je aimé de rester encore un peu chez elle. Mais la route m'apelle, Aldo Moro m'apelle !  




lundi 18 mai 2015

Le long chemin

Quelques jours un peu monotones d'abord ;  on devait suivre la départementale et une fois même la nationale. Sur celle-ci, une voiture de service nous interpellait pour me faire savoir que je risquais une grosse amende vu que e ne portais pas de gilet jaune.
Bon, Je ne pouvais pas déployer mes ailes pour voler au prochain garage et m'en procurer un. Alors je leur expliquais que je comptais quitter cette route dès que possible.

De toute façon, cette route avait une ambiance peu accueillante :


Bon, message clair pour tout citoyen britannique qui passerait par là.


...Bref, tout le monde dehors. Je ne demandais d'ailleurs que ça.
Les voitures qui me dépassaient à grande vitesse, sans presque pas prendre d'écart, nous fatiguaient.

"Je ressentirais cela comme une gifle" m'avait dit Didier, une rencontre aussi inattendue que merveilleuse faite auparavant. Il nous avait vus longer la route, Gamin et moi et nous invita à un coca, respectivement un seau d'eau.
Lors de notre entretien, je me suis sentie comprise comme c'est rarement le cas. Voici le vrai carburant pour notre voyage!

Après Un petit lieu nommé Saint Pierre, nous prenions une piste naturelle pour nous enfoncer dans la montagne. Nous nous perdions presque dedans. Des heures et des kilomètres sans plus voir un humain ou une maison.



Gamin avait ses nouvelles hipposandales que je lui avais acheté pour ses sabots postérieurs un peu abîmés. Ils a d'ailleurs très bien accepté ses godasses et je crois qu'il ressent un soulagement en marchant sur des chemins caillouteux. Dès que je le peux, je vais lui acheter une paire pour les antérieurs.


Ce chemin, pendant des heures.



La seule rencontre du jour fut un couple de nudistes, nichés au coin de la montagne. Ils nous avaient aperçus de loin et s'empressaient de renfiler leurs habits.

A part ça, personne. Que la nature grandiose.



Au bout de 28 Kilomètres, toujours pas de lieu habité. Mes pieds me faisaient mal et Gamin n'en pouvait plus. Alors, pour la première fois pendant ce voyage, je me décidais de camper en pleine nature.
Certes, on aurait peu être pu faire un ultime effort pour rejoindre Majastres. Mais étais-je sûre d'y trouver refuge? Et si le patelin ne contenait que des maisons verrouillées, closes, comme c'est si souvent le cas dans ces minuscules village?
Si oui, camper sans permission sur le champ de quelqu'un serait beaucoup plus critique que de planter la tente en pleine nature où, de toute manière, pratiquement personne ne passe.

Et c'est ainsi que je montais la tente près d'un petit gué.



La nuit fut agréable, mis à part le froid nocturne qui me prend régulièrement par la peau des fesses depuis que je n'ai plus mon regretté duvet. Et une bande de fourmis qui a envahi mon pot de marmelade. Les petits salopards!

Le lendemain nous repartîmes de bonne heure. Le chemin continuait, mais nous arrivions dans des contrées déjà un peu plus animées.



Ah, et n'oublions pas deux petites marques :

* Nous avons dépassés les 500 Km de fait!
* Nous sommes en route depuis un mois maintenant!